Sous-titre : De la désidentification à la revendication.
Après le très réussi « peau noire, cheveu crépu », Juliette Sméralda nous revient avec « Du cheveu défrisé au cheveu crépu, de la désidentification à la revendication ». En guise de résumé, les commentaires de quelques lecteurs avertis (voir ci-après) ne manqueront pas de susciter l’intérêt de celles (et ceux) qui refusent encore de prendre au sérieux cette problématique.
« Juliette Sméralda attire l’attention sur les conséquences pernicieuses de la consommation, par les petites filles noires, des objets ludiques telles les poupées occidentales aux cheveux blonds, aux yeux bleus et à la peau blanche. Les petites filles noires « finissent, selon elle, par s’identifier à ces objets ethniques, à force de les coiffer – geste par lequel elles s’habituent à la texture et à la couleur du cheveu lisse et long –, alors qu’elles ne bénéficient d’aucune expérience parallèle, qui les habituerait à la manipulation de la texture crépue de leurs propres cheveux crépus ou frisés. » Yves
« Après analyse de mon parcours, il m’apparaît qu’aimer son cheveu n’est pas un acte spontané, mais un apprentissage. Aujourd’hui c’est un acquis pour moi. Grâce à cela, j’ai finalement pu dépasser le processus d’aliénation dans lequel j’étais prise, et suis aujourd’hui à l’aise avec mon image et beaucoup mieux "dans ma peau". » Aline
« J’ai découvert que ce n’était pas une décision simplement cosmétique, mais un acte politique, que de sortir de la spirale du défrisage. Je ne l’avais pourtant pas fait pour ces raisons-là. Mais assumer ses cheveux crépus, je le découvre tous les jours, c’est se poser en rebelle, au sein d’un peuple à qui on a appris depuis des siècles à détester ses propres traits. » Micaela
L'auteure : Juliette Smeralda, sociologue, enseignante, chercheure. Membre du laboratoire « Cultures et société en Europe », UMR CNRS 7043, Université Marc Bloch Strasbourg II.
Source : www.lacen.org, éditions Anibwe, 2007.
Docteur en Sociologie, Juliette SMERALDA enseigne à la Faculté des Sciences sociales de l’université Marc Bloch – Strasbourg II, en qualité d’Attachée de Recherche et d’Enseignement. Impliquée dans un domaine de recherche : l’interculturalité. Martiniquaise, descendante d’Africains et d’Indiens, elle travaille sur l’Indianité qui se concentre sur les Indo-Martiniquais dits « coolies » : leurs spécificités socio-culturelles, leur histoire.
