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Smeralda, J.

Smeralda__Juliette.jpgDocteur en Sociologie, Juliette SMERALDA enseigne à la Faculté des Sciences sociales de l’université Marc Bloch – Strasbourg II, en qualité d’Attachée de Recherche et d’Enseignement. Impliquée dans un domaine de recherche : l’interculturalité. Martiniquaise, descendante d’Africains et d’Indiens, elle travaille sur l’Indianité qui se concentre sur les Indo-Martiniquais dits « coolies » : leurs spécificités socio-culturelles, leur histoire.




 

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lun 31 mar '08

Juliette Smeralda : Du cheveu défrisé au cheveu crépu...

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Sous-titre : De la désidentification à la revendication.

Après le très réussi « peau noire, cheveu crépu », Juliette Sméralda nous revient avec « Du cheveu défrisé au cheveu crépu, de la désidentification à la revendication ». En guise de résumé, les commentaires de quelques lecteurs avertis (voir ci-après) ne manqueront pas de susciter l’intérêt de celles (et ceux) qui refusent encore de prendre au sérieux cette problématique.

« Juliette Sméralda attire l’attention sur les conséquences pernicieuses de la consommation, par les petites filles noires, des objets ludiques telles les poupées occidentales aux cheveux blonds, aux yeux bleus et à la peau blanche. Les petites filles noires « finissent, selon elle, par s’identifier à ces objets ethniques, à force de les coiffer – geste par lequel elles s’habituent à la texture et à la couleur du cheveu lisse et long –, alors qu’elles ne bénéficient d’aucune expérience parallèle, qui les habituerait à la manipulation de la texture crépue de leurs propres cheveux crépus ou frisés. » Yves

« Après analyse de mon parcours, il m’apparaît qu’aimer son cheveu n’est pas un acte spontané, mais un apprentissage. Aujourd’hui c’est un acquis pour moi. Grâce à cela, j’ai finalement pu dépasser le processus d’aliénation dans lequel j’étais prise, et suis aujourd’hui à l’aise avec mon image et beaucoup mieux "dans ma peau". » Aline

« J’ai découvert que ce n’était pas une décision simplement cosmétique, mais un acte politique, que de sortir de la spirale du défrisage. Je ne l’avais pourtant pas fait pour ces raisons-là. Mais assumer ses cheveux crépus, je le découvre tous les jours, c’est se poser en rebelle, au sein d’un peuple à qui on a appris depuis des siècles à détester ses propres traits. » Micaela

L'auteure : Juliette Smeralda, sociologue, enseignante, chercheure. Membre du laboratoire « Cultures et société en Europe », UMR CNRS 7043, Université Marc Bloch Strasbourg II.

Source : www.lacen.org, éditions Anibwe, 2007.
 

jeu 17 jan '08

Juliette Smeralda : Peau noire, cheveu crépu...

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Sous-titre : L'histoire d'une aliénation.

S'intéresser au binôme cheveu (crépu) / peau (noire) pour révéler les lieux de passage de la domination ethnoculturelle d'un groupe par un autre est dicté par le souci d'adopter – dans le traitement de la problématique complexe de l'imitation et/ou de l'emprunt interculturel – une démarche empirique qui donne à voir l'empreinte, sur le corps et le cheveu des dominés, des modalités concrètes de l'exercice de l'influence des dominants, que l'on aurait objectivement un peu plus de mal à cerner, à travers la seule étude de leur discours.

Outre de devoir s'ajuster en permanence aux évolutions sociales qui s'imposent à eux, les dominés, privés de projet de société et de modèle de développement autocentré, se voient condamner à se remorquer à un développement exogène, qui ne leur laisse de choix qu'entre l'emprunt et l'imitation de traits socioculturels non adaptés à leurs spécificités raciales et culturelles, mais qui les aident cependant à ne pas être exclus de « la marche du monde ».

Aussi, dans les sociétés issues de la colonisation, des phénomènes de mimétisme comportemental et culturel ont-ils vu le jour, qui ont été caractérisés en terme de dénaturation (par rapport aux références raciales et culturelles initiales des populations africaines mises en esclavage ou asservies sur leur territoire même), avant de faire l'objet d'une stigmatisation en termes assez systématique d'aliénation culturelle.

Les études et analyses portant sur cette aliénation ont moins exploré les modalités et manifestations somatologiques (physiologiques) de pratiques esthétiques que l'on n'a pas manqués de qualifier de mimétiques, mais qui ne peuvent s'appréhender hors le contexte de la société de consommation occidentalisée qui s'impose à la planète tout entière, et qui pousse à décloisonner les significations proprement culturelles prêtées à ces phénomènes, sans pour autant les affranchir d'une lecture en terme d'influence de la culture occidentale dominante sur les cultures dominées.

L'auteure : Juliette Sméralda est docteur en sociologie, actuellement Attachée Temporaire d'Enseignement et de Recherche (ATER) à l'université Marc Bloch, Strasbourg II. La sociologie de la dominance et l' interculturalité sont ses domaines de recherche.

Source : www.lacen.org, éditions Jasor, 2004.